22 décembre 2025
L’objectif Tamron SP 150-600 mm f5-6.3 VC USD, mon retour d’expérience

Introduction
Voilà déjà deux ans et demi que je possède le 150-600 mm, premier du nom de chez Tamron, il est donc grand temps de vous proposer mon retour d'expérience.
Les données techniques, l'essentiel :
- En premier la focale qui commence, vous l'aurez deviné, à 150 mm et qui se finit à 600 mm, de quoi se lancer dans la photographie animalière ou sportive sans aucun problème !
- L'ouverture f/5 à 150 mm se fermera progressivement jusqu'à 6.3 à 600 mm, ce n'est pas extraordinaire, mais pour le moment avec cette plage de focale et un petit budget vous ne trouverez pas mieux sur le marché.
- Ce téléobjectif intègre un système de stabilisation VC, il vous permettra d'assurer vos prises de vues à main levée.
- Cet objectif est conçu pour les reflex plein format, maintenant s'il vous prenait l'envie de le monter sur un boîtier APS-C (DX chez Nikon) vous obtiendriez une focale d'environ 225 mm à pas moins de 900 mm ! Je n'ai pas eu l'occasion de tester cet objectif dans cette configuration, mais ça laisse rêveur. J'ajouterai encore qu'il est silencieux (c'est grâce au fameux USD — Ultrasonic Silent Drive)
Que dire de plus, à part qu'il vous sera livré avec son pare-soleil, ses deux bouchons de protection et sa garantie de 5 ans comme tous les objectifs de la marque Tamron.
Construction et impressions générales
La gamme SP de Tamron est née avec le couple d'objectifs 24-70 mm f/2.8 et le 70-200 mm f/2.8 qui, une fois arrivés en magasin, ont totalement bousculé le marché des objectifs premium proposé par les marques historiques, car leur fabrication, leurs performances n'avaient rien à envier aux objectifs Nikon ou Canon et bien sûr avec un tarif nettement plus attractif.
Et ce 150-600 mm ne déroge pas à la règle ! Sorti de son carton, on s'aperçoit immédiatement de sa qualité, les finitions sont soignées, le design est sobre et les matériaux paraissent robustes (et après plus de 2 ans je confirme qu'ils le sont).

Allez, on déballe tout et on fait le tour
La première chose qui nous tape à l'œil c'est son pare-soleil, imposant (normal, me direz-vous au vu de la focale) mais à mon goût il est un peu « cheap », le plastique un peu mince ne me semble pas à la hauteur du reste de l'objectif, mais bon, ça reste quand même un détail.
Autre élément imposant, le collier de fixation, qui, pour le coup, lui, est robuste, et la poignée située en dessous est suffisamment prononcée pour une bonne prise en main et un bon appui sur un trépied.
La bague de zoom est large et parfaitement positionnée (idéale pour les grandes mains). Elle reste un peu dure au départ des 150 mm mais, une fois franchi le cap des 200 mm, l'objectif se déploie avec beaucoup de fluidité.
La bague de mise au point manuelle située plus en arrière s'attrape facilement, elle est infinie avec des repères de butée ce qui est un très bon point mais pour ma part je ne la trouve pas assez ferme (là encore c'est un détail). Le revêtement en caoutchouc de ces deux bagues est de très bonne facture et après plus de deux ans d'utilisation, rien n'a bougé, aucune petite trace d'usure.
On note aussi la présence d'un bouton qui permet de bloquer le téléobjectif à 150 mm, indispensable pour ma part, surtout lorsqu'on marche appareil à la main (c'est très souvent mon cas).

À gauche il y a trois interrupteurs qui permettent d'activer/désactiver l'autofocus, pareil pour la stabilisation VC « Vibration Compensation » et le troisième, bien utile, permet de borner la mise au point de 15 mètres jusqu'à l'infini, cela permet à l'autofocus de gagner en réactivité.
Enfin à l'arrière de l'objectif, il y a un joint d'étanchéité qui entoure la monture, nous voilà donc parés à sortir par tous les temps !

Utilisation, test et retour d'expérience
Ça y est, nous y sommes, nous voilà enfin dehors !
J'attends beaucoup de cet objectif, au départ mes photographies se sont concentrées sur le paysage et les détails que nous offre la nature. Au fil des sorties, avec l'objectif AF-S Nikkor 28-300mm f/3.5-5.6G ED VR j'ai pu goûter aux joies de la photographie animalière alors avec une telle polyvalence, avoir accès à une focale de 600 mm le tout à un prix abordable… mon choix a été vite fait, voyons si je ne serai pas déçu…
Les premiers pas sont un peu déroutants, les habitudes sont à revoir, il faut s'habituer à régler des vitesses plus hautes, l'ouverture de f/5 à 6.3 n'étant pas extraordinaire, il faut accepter de monter en ISO. Pour ma part j'ai défini une plage ISO automatique allant de 100 à 1600 en début et fin de journée, autrement je retourne sur mon réglage de base avec une plage de 100 à 800 ISO et pour le reste je fais confiance au capteur du D610 de Nikon si je dois compenser un peu l'exposition en post-traitement.
Évidemment, à 600 mm la stabilisation a une importance primordiale, et là, franchement, je n'ai rien à redire, c'est tout simplement parfait, elle est rapide et précise, c'est un des gros points forts de ce caillou, je photographie quasi intégralement à main levée, je suis un amoureux de la billebaude, des longues randonnées et c'est là que le Tamron SP 150-600 mm f/5-6.3 VC USD prend tout son sens. Il ne pèse que 2 kg, ce qui peut paraître beaucoup, mais il n'en est rien, la main sous la poignée, le coude contre le corps et vous pouvez sortir des images nettes au 1/250e (à 600 mm) voire au 1/125e (entre 150 mm à 300 mm) ! Évidemment, le risque du flou de bougé est là et si les conditions de lumière sont favorables il faudra préférer des vitesses plus rapides.
Mais question instantanéité, on est vraiment à l'aise, reste à savoir si l'AF suit.
L'autofocus, le petit bémol
Attention avec un titre comme ça, je ne veux pas vous faire peur, mais je préfère vous avertir, le Tamron SP 150-600mm f/5-6.3 VC USD ne joue pas dans la même cour qu'un 500 mm f/4 en focale fixe, le prix n'est pas le même non plus.
Par une belle journée d'été l'autofocus est vif et précis, il n'y a aucun problème. Par contre lorsque la lumière baisse, on s'aperçoit très vite qu'il va falloir redoubler de vigilance, la mise au point se fera dans la majorité des cas, mais parfois il faudra s'y reprendre à deux ou trois fois, ce n'est pas une catastrophe, mais il faut le savoir et contrôler à l'écran la netteté de votre image. Les ratés restent faibles, pour ma part je ne suis jamais rentré avec une série totalement fichue (à 600 mm il est toujours difficile de trouver un coupable).

Il m'est aussi arrivé que l'AF ne réponde plus, plus du tout, mais je tiens à rester vigilant sur ce point, car dans la majorité des cas je fais mes sorties photos lorsqu'il fait moche, froid... Très froid et après quelques heures à crapahuter dans la neige et l'humidité des sommets vosgiens, l'autofocus me dit non, il ne me suit plus, c'est loin d'être systématique, mais lorsque cela se produit, la seule solution c'est le redémarrage du boîtier et le voilà ramené à la vie.
Petit mais costaud
Je conçois que je lui en demande beaucoup, et je peux vous certifier qu'il est résistant, je n'économise pas mon matériel, l'objectif s'est déjà retrouvé totalement recouvert de glace, il m'a accompagné 10 jours en Islande, sous la pluie, la poussière des pistes et il est toujours opérationnel, il fonctionne parfaitement !
Prise de vue et qualité d'images
Nous attaquons la meilleure partie, parce que oui, c'est là que le 150-600 mm de Tamron brille, c'en est même impressionnant. Avec un objectif qui affiche une telle plage de focale on pourrait s'attendre à quelque chose de moyen au niveau du piqué, mais vous allez voir par vous-même qu'il n'en est rien !
À noter : Les images ci-dessous ne présentent aucune correction de l'objectif, aucune amélioration de la netteté ou encore du microcontraste. Les seules corrections sont apportées à la température de couleur (la balance des blancs en hiver me joue des tours).
Les images, on démarre à 150 mm

L'ensemble est homogène, le piqué sur la partie croppée à 100 % est correct, évidemment on est loin de ce que peut produire un 70-200 mm mais avec une légère passe de netteté sur un logiciel de post-traitement on pourrait améliorer ça sans aucune difficulté. Je n'ai pas observé d'aberrations chromatiques sur le reste de l'image et le vignettage ne me gêne pas, la plupart du temps je le conserve…
On observe aussi un manque de contraste, c'est quelque chose que j'ai fréquemment observé lorsque les conditions de luminosité sont compliquées. Il faut parfois compenser l'exposition (à la prise de vue) jusqu'à -3IL pour obtenir des noirs suffisamment denses, ou y remédier en post production. Je conseille quand même d'être vigilant lorsque le temps change rapidement, il faut se méfier des percées de lumière, ou vous risquez vraiment de rentrer avec des images fades quasiment irratrapables.
Une pause à 400 mm

Tous les éléments sont rassemblés pour mettre en difficulté le Tamron SP 150-600mm F/5-6.3 VC USD, un manque cruel de lumière d'où les 2000 ISO, une petite bestiole particulièrement vive et une prise de vue à main levée. Vous jugerez par vous-même, mais pour moi le job est très bien fait ! Le crop à 100 % nous montre bien une image un peu molle, mais à 2000 ISO… Que demande le peuple ?
Et on s'en va à 600 mm

Pour moi, c'est bien à cette distance focale que le 150-600 de chez Tamron excelle ! Je ne le comparerais pas à un 600 mm en focale fixe à 13 000 € mais la qualité est là, les détails sont nombreux, bien présents. Que dire de plus à part qu'avec ce niveau de rendu, vous pouvez vraiment sortir de belles photos.
Le vignettage à 600 mm est beaucoup plus prononcé, il occupe les premiers quarts gauche et droit de l'image, c'est le prix à payer, et, si vraiment il vous dérange, il pourra se corriger en un clic dans un logiciel tel que Lightroom, qui vous rattrapera en même temps la déformation de l'objectif mais elle n'est quasi pas détectable (ce qui est normal sur ce genre de focale).
Je voudrais aussi vous montrer le potentiel de l'objectif en passant à peine 2 minutes sur un logiciel de post-traitement (dans mon cas c'est Lightroom, mais on peut obtenir les mêmes résultats avec DXO Optics Pro ou encore Capture One Pro).

Le bokeh dans tout ça !
En haut, une image prise aux alentours des 400 mm f/6, le bokeh est un peu nerveux mais l'esthétique est intéressante, en bas une photographie prise à 600 mm f/6.3. En soignant le fond on obtient un flou doux et harmonieux.

En bonus, ma technique pour protéger ce gros caillou
Un engin de cette taille est forcément fait pour sortir, que vous soyez photographe animalier, de nature ou encore de sport, il va falloir transporter votre objectif, donc voici en trois étapes ma méthode pour protéger votre téléobjectif à moindre coût.
Emballer et protéger son téléobjectif en quelques secondes ;)

L'image parle d'elle-même, alors si ça vous intéresse voici le lien pour se procurer ce bout de tissu hyper pratique
Le bonus du bonus, le truc (il n'y a pas d'autre mot) qu'il ne faut pas acheter !
Une des premières choses que l'on fait ou que l'on devrait faire lorsqu'on achète un objectif est de lui apposer un filtre neutre et évidemment avec une lentille frontale de 95 mm, pas facile de s'en tirer à bon prix.
J'ai donc essayé le filtre de protection de la marque Sodial vendu sur Amazon et autant vous dire que ce n'est pas un bon plan, le filetage est plus que hasardeux, et le verre n'est pas non plus « neutre »... Bref à éviter.

Petit ajout de dernière minute, un ami m'a dit qu'il était très satisfait du filtre B+W filtre UV de 95 mm. Il n'est pas donné (80 € environ) mais c'est le prix de la sécurité.
Il y a aussi les très bons filtres de la marque K&F Concept en verre trempé, à tester !
En conclusion
Je ne sais pas si cette plongée au cœur de l'hiver vous aura convaincus.
Mais pour moi le 150-600 mm de chez Tamron est un excellent objectif, il ouvre les portes de la photographie animalière ou de la photographie de sport « sans trop se ruiner », mais au-delà de ça, je peux garder une forme de « liberté » lors de mes sorties. Il reste léger (2 kg environ), compact, les prises de vues à main levée sont tout à fait possibles. La qualité d'image est incroyable, et pour le moment je n'ai eu aucun problème avec, malgré la neige, la pluie et le froid (hormis les quelques difficultés avec l'autofocus). Personnellement je recommande sans hésiter cet objectif !
Pour l'acheter
C'est assez simple, pour ma part je suis passé par Amazon, je vous conseille de surveiller un peu le prix car il ne se trouve plus qu'en occasion pour un prix inférieur à 700 € ce qui est vraiment pas cher pour faire déjà de très beaux clichés en photographie animalière. Donc voici le lien du 150-600 premier du nom chez Tamron pour une monture Nikon.
Et si jamais votre bourse vous le permet, Tamron a sorti cette année une nouvelle version de cet objectif, le SP 150-600 mm f/5-6.3 Di VC USD G2, pour à peine plus cher et en version Canon pour un plus de 800€. Je n'ai pas encore pu l'avoir entre mes mains, mais je suis persuadé qu'il est un tout aussi bon investissement.
Mise à jour 2025, évidemment Tamron a édité une version pour les nouveaux hybrides plein format de chez Nikon, Fujifilm et Sony, je vous mets le lien car parfois on peut tomber sur des promotions incroyables car je l'ai déjà vu neuf aux alentours des 1 000 €, à surveiller de près !
Foire Aux Questions (FAQ) : Tamron 150-600mm
La version G2 (Génération 2) apporte plusieurs améliorations : un autofocus plus rapide, une stabilisation encore plus efficace (4.5 stops), une meilleure tropicalisation et la compatibilité avec la console TAP-in. Cependant, la version G1 testée ici reste imbattable en rapport qualité/prix sur le marché de l'occasion pour qui veut débuter sans se ruiner.
C'est déconseillé sur cette première version (G1). Avec une ouverture glissante finissant à f/6.3, l'ajout d'un multiplicateur x1.4 ferait chuter l'ouverture maximale autour de f/9. La plupart des boîtiers reflex (sauf les plus récents/haut de gamme) perdront l'autofocus. Si le 900mm est votre priorité, la version G2 ou le Sigma Sport gèrent mieux les convertisseurs dédiés.
C'est l'éternel débat ! Les deux se valent en qualité d'image pure sur le terrain. Le Tamron a l'avantage d'une bague de zoom qui tourne dans le "sens Nikon", ce qui est plus intuitif pour les nikonistes. Le Sigma Contemporary est son rival direct, mais le Tamron G1 se trouve souvent à un tarif plus doux aujourd'hui.
Il dispose d'une construction "résistante à l'humidité" avec un joint d'étanchéité au niveau de la baïonnette (comme mentionné dans l'article). Cela suffit pour une petite averse ou la neige, mais ce n'est pas un tank étanche comme une focale fixe pro à 10 000 €. Une housse anti-pluie reste votre meilleure amie pour les grosses intempéries.
Oui, c'est préférable. Sur cette génération d'objectifs, le système de compensation de vibration peut parfois créer un léger flou s'il cherche à compenser des mouvements inexistants sur un trépied stable. En revanche, sur monopod ou à main levée (mon utilisation à 90%), laissez-le activé, il fait des miracles !