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Rien ne me paraît plus nécessaire aujourd'hui que de découvrir ou redécouvrir nos paysages et nos villages en prenant le temps de le faire.

Savoir retrouver les saisons, les aubes et les crépuscules, l'amitié des animaux et même des insectes, le regard d'un inconnu qui vous reconnaît sur le seuil de son rêve. La marche seule permet cela. Cheminer, musarder, s'arrêter, où l'on veut, écouter, attendre, observer. Alors, chaque jour est différent du précédent, comme l'est chaque visage, chaque chemin.

Jacques Lacarrière

Jeremy May - Portrait

Né en 1982, je suis un photographe marcheur. Mon approche visuelle puise ses racines dans la forêt du Warndt et les sommets alpins, territoires de mes jeunes explorations en famille.

Désormais réancré en Lorraine, entre les sentiers vosgiens et les sous-bois familiers, je développe une photographie de la contemplation. Loin de la capture du réel, je cherche à m'imprégner des lieux pour en restituer l'émotion brute.

Que ce soit en traquant la lumière sur les crêtes ou en isolant un détail d'écorce, ma démarche reste la même : prendre le temps d'observer pour révéler la nature qui nous entoure.

J'aime à croire que la photographie nous apprend à voir.

Jeremy May - Senja Norvège

Ma démarche

Photographier, c'est accepter de ralentir. C'est choisir. Choisir de s'extraire du tumulte pour renouer avec l'essentiel, choisir ce qui restera dans le cadre et ce qui composera mon témoignage. Mon travail est une invitation à ce ralentissement, une exploration des frontières entre le visible et le ressenti.

De l'infiniment petit des mousses forestières à l'immensité des plateaux enneigés, je cherche le fil conducteur qui relie chaque élément du vivant : le silence. Mes images ne sont pas des inventaires naturalistes, mais des fragments de temps. J'y explore la matière et la texture, tantôt en isolant le graphisme d'une roche ou d'une écorce, tantôt en laissant la brume et le flou redessiner le paysage.

Dans cette quête, l'animal n'est pas un trophée mais une présence, une silhouette, une sentinelle qui habite les lieux plus qu'elle ne les traverse. Et si je quitte parfois la nature, c'est pour poursuivre cette même recherche : celle de l'effacement, du mouvement et de la trace que nous laissons.

À travers mes séries, je tente de capturer ces instants suspendus où la lumière, la saison et le sujet s'alignent pour offrir une trêve. Une manière de rappeler que la beauté réside souvent dans ce que l'on prend trop rarement la peine de conserver.