19 janvier 2026
L’objectif AF-S NIKKOR 18-35mm f/3.5-4.5G ED, mon retour d’expérience

Introduction
Après un peu plus de deux ans à crapahuter dans les Vosges avec l'AF-S NIKKOR 18-35mm f/3.5-4.5G ED vissé sur mon D610, en replongeant dans ma bibliothèque photo et dans l'optique de remettre mon site d'équerre, je me suis dit qu'il est plus que grand temps de vous proposer mon retour d'expérience sur cet objectif grand-angle qui m'a accompagné sur d'innombrables sorties.
Je vous préviens d'emblée, je l'ai depuis revendu pour partir sur un ultra grand-angle, le Samyang 14mm f/2.8 (première version), dans l'optique d'un voyage en Norvège pour photographier les aurores boréales… et avec le recul, je ne sais toujours pas si c'était le bon choix. Mais nous y reviendrons.
Commençons par les quelques données techniques qui nous intéressent :
- En numéro 1, la focale de 18 mm à 35 mm, ce qui en fait un vrai grand-angle polyvalent pour le paysage, l'architecture et les ambiances de montagne.
- Vient ensuite l'ouverture qui va de f/3.5 à f/4.5, ce n'est pas extraordinaire pour les photos de nuit, mais c'est largement suffisant pour la photo de paysage.
- Cet objectif fait partie de la gamme FX, il est donc compatible avec tous les boîtiers plein format Nikon comme mon bon vieux D610, mais on peut évidemment le monter sur un boîtier APS-C (DX chez Nikon), auquel cas la plage focale passe à 27-52,5 mm environ.
- Il pèse environ 385 g, c'est vraiment léger pour un grand-angle FX, surtout comparé aux mastodontes de la gamme pro.
- Le diamètre de filtre est de 77 mm, standard chez Nikon, pratique si vous avez déjà d'autres objectifs avec ce diamètre.
- Le diaphragme est composé de 7 lamelles arrondies, ce qui permet d'obtenir une étoile à 14 branches lorsque je photographie le soleil de pleine face. Je vais essayer d'illustrer ça avec une photo dans cet article.
Voilà pour la mise en bouche, on passe aux choses sérieuses.
Construction et impressions générales
À la sortie du carton, on s'aperçoit tout de suite qu'on est sur du Nikon de qualité, sans être dans la gamme premium. Les finitions sont soignées, le plastique utilisé pour le fût semble robuste sans être lourd.
La première chose qui m'a frappé, c'est sa légèreté. Avec mon Capture Pro de Peak Design, je peux marcher des heures en montagne sans même le sentir. C'est un vrai point fort pour les photographes marcheurs comme moi.

Le pare-soleil en forme de tulipe est bien proportionné, il fait son job sans être encombrant. Il se fixe solidement et protège efficacement la lentille frontale des lumières parasites, ce qui n'est pas du luxe quand on photographie au lever ou au coucher du soleil. La lentille n’est pas trop bombée donc on pourra le protéger avec un filtre UV neutre, je recommande souvent la K&F Concept qui propose aujourd’hui du verre trempé de très haute qualité !
L'objectif dispose d'un joint d'étanchéité au niveau de la monture, ce qui lui confère une résistance correcte aux conditions météorologiques. J'ai pu le tester sous la pluie et dans la neige, et il n'a jamais bronché. Par contre, ce n'est pas une tropicalisation au même titre qu’un objectif pro à 2000€, donc prudence sous les grosses averses.

La bague de zoom est bien placée et glisse parfaitement, avec une résistance douce. On passe de 18 mm à 35 mm en un peu moins d'un quart de tour, c'est fluide et précis. La bague de mise au point manuelle tombe elle aussi très bien dans la main, même si je l'utilise rarement grâce à l'autofocus efficace.
Utilisation sur le terrain
Cet objectif est mon compagnon de randonnée idéal. Paysages, ambiances matinales, panoramas… Le 18-35mm sait tout faire dans ce registre, sans tomber dans les extrêmes des UGA (Ultras Grand Angles) de 14 mm
Sa distance de mise au point minimale d'environ 28 cm permet même de s'essayer à quelques gros plans créatifs sur des éléments de premier plan (rochers, fleurs sauvages, mousses), tout en gardant l'arrière-plan dans le cadre.
La prise en main est immédiate. Une fois monté sur mon D610, l'ensemble est super équilibré.
L'autofocus, un vrai point fort
L'autofocus de ce 18-35mm est vraiment rapide (ça me change du 150-600 de chez Tamron) et précis. Le moteur SWM (Silent Wave Motor) fait le travail vite fait bien fait, même en conditions de faible luminosité. A ce prix là bien sure il n’y a pas de stabilisation matériel, mais personnellement je trouve ça inutile pour mon utilisation

Prise de vue et qualité d'images
Là ou je le trouve excellent au niveau du piqué c’est entre f/8 et f/10. Les images sont nettes, détaillées, avec un rendu très satisfaisant. Pour la photo de paysage où l'on ferme souvent à f/8-f/11 pour maximiser la profondeur de champ, c'est parfait.
Par contre, à pleine ouverture (f/3.5 à 18mm ou f/4.5 à 35mm), le piqué est correct au centre mais les bords de l'image sont un peu mous. Si vous cherchez une netteté chirurgicale bord à bord, il faudra fermer d'un ou deux diaphs.
Le seul point faible (et encore) : le manque de micro-contraste
Si je devais trouver un point noir à cet objectif ce serait : le manque (parfois) de micro-contraste et c’est très vrai en conditions météo et / ou de lumières difficiles. Quand la brume envahit les montagnes, quand on shoote à contre-jour ou mauvais temps, les images peuvent parfois manquer de punch et de relief surtout à 18 mm.
Et si on monte en ISO (à partir de 800) ou qu'on cherche à récupérer des informations dans les basses lumières en post-traitement on s’aperçois que les détails sont un peu plat. Avec ce 18-35mm, je préfère d’ailleurs multiplier les prises de vues à plusieurs niveau d’exposition pour ne pas me retrouver avec des RAW de moins bonne qualité.
Sur Lightroom, vous pourrez compenser en ajoutant de la clarté, du contraste et en jouant sur les courbes. Mais il faudra bosser un peu.
Attention ce ressenti, reste le mien et lié à mon usage, j'ai tendance à sous exposer mes photos car j'aime aller chercher des ambiances et bénéficier de la profondeur des couleurs d'un lever de soleil, donc évidement je suis regardant sur cette partie là.
Place aux images, on démarre à 18 mm
Note : l'ensemble des images présentées ci-dessous sont brutes de boîtier, issues des RAW ; parfois (précisé dans les légendes), j'ai dégagé un peu les ombres et oui, je l'ai dit plus haut, j'ai la fâcheuse tendance à sous-exposer.
Aussi, il est difficile de trouver une même image à plusieurs ouvertures, ce n'est pas comme ça qu'on photographie dans « la vraie vie », par contre j'ai essayé d'illustrer au maximum mes propos. L'objectif pour moi n'est pas de vous proposer un test purement technique, il y a bien plus d'expertise sur des sites spécialisés, mais plutôt un retour terrain.
Je démarre en illustrant cette histoire de micro-contraste

Et évidemment, ça se corrige très vite sur Lightroom avec un peu de clarté et de netteté.

Un deuxième exemple

Et encore une fois en ajustant l’image le problème rentre facilement dans l’ordre

Certains trouveront que je pinaille, mais j'ai eu ce ressenti à chaque fois que je me suis trouvé dans ces situations un peu similaires avec des conditions météo changeantes, mais qui donnent justement du caractère aux images.
Par contre lorsque les conditions sont réunies, les images sont saisissantes avec des détails, du piqué et des contrastes comme je les aimes. Pour information l'image ci-dessous est brute de boitier.


À pleine ouverture, les bords sont un peu mous, on remarque aussi que malgré la correction automatique appliquée par Lightroom, il reste quelques résidus d'aberration chromatique. Après, il faut avouer qu'avec tout ce blanc, on ne l'aide pas !
On continue à 24 mm

J'ai en beau regarder dans ma bibliothèque, j'ai quasiment pas d'image à 24mm, par contre j'ai voulu vous montrer qui si l'on ferme énormément l'ouverture, en l'occurrence nous là à f22, on perd du détail. Surtout si on compare avec images juste en dessous.
Mais rien de bien méchant surtout que c’est un problème que l’on va retrouver sur quasiment tous les objectifs
On termine à 35 mm
Les deux images ci-dessous sont toutes brutes de boitier, il n’y a strictement aucun ajustement.
Et vous pouvez voir à quel point cet objectif est exceptionnel lorsque les conditions sont "normale", les détails sont incroyable et le piqué est exceptionnel entre f8 et f10. Je trouve la qualité optique impressionnante pour un objectif aussi abordable et polyvalent !


À 35 mm, on s'éloigne un peu du grand-angle pour se rapprocher d'une focale plus standard. Mais c'est vraiment pratique d'avoir cette focale à portée de main pour isoler un détail et cadrer plus serré sur un élément qui nous intéresse.
Vignettage et distorsion

Le vignettage est très présent à 18 mm, parfois je le conserve car il souligne la lecture des images. La distorsion, elle, est vraiment légère même à 18 mm. À 35 mm, ces deux phénomènes sont bien entendu moins présents.
Le traitement sur Lightroom
Comme je vous l'ai dit, parfois cet objectif demande un peu de travail en post-traitement, surtout si vous photographiez en conditions “difficiles”. Voici mes réglages de base :
- Ajout de clarté (+10 à +50) pour compenser le manque de micro-contraste (je vais très rarement au-delà)
- Léger ajout de contraste, travail sur les hautes et basses lumières (surtout celle-là pour moi) et ajustement sur les courbes si besoin.
- Parfois un peu de netteté supplémentaire si nécessaire, sans oublier d’ajouter du masquage avec la touche ALT enfoncée ;)
- En option selon votre besoin correction automatique du profil de l'objectif (distorsion + vignettage)

Avec ces quelques ajustements, on obtient des images vraiment très satisfaisantes.
Et vous pouvez aussi observer la fameuse étoile à 14 branches lorsqu'on photographie le soleil en face.
Pourquoi je l'ai revendu (et pourquoi je le regrette)
Je l'ai revendu pour partir sur un Samyang 14 mm f/2.8 (première version) avant un voyage en Norvège : j'avais besoin de plus de luminosité pour les aurores boréales. Mais avec le recul, je ne suis pas certain d'avoir fait le bon choix. Le Samyang est certes plus lumineux, mais sa mise au point est manuelle uniquement et clairement moins polyvalent au quotidien.
Au-delà de ça, je pense aussi que je ne suis pas fait pour des objectifs aussi extrêmes, la composition à 14 mm c'est autre chose et pour moi qui adore faire du paysage au téléobjectif, j'étais totalement désorienté.
Personnellement, je trouve le 18-35 mm un compagnon idéal pour la rando photo : léger, polyvalent, autofocus rapide. En revanche, si la photo nocturne est une priorité, il faudra vous orienter vers quelque chose de plus lumineux. J'aimerais bien tester le 16 mm de la marque Viltrox, mais malheureusement ces cailloux ne sont disponibles que pour les hybrides nouvelle génération et au regard des quelques lectures que j'ai pu faire, ça a l'air d'être du solide !
Conclusion
L'AF-S NIKKOR 18-35mm f/3.5-4.5G ED est un excellent objectif grand-angle pour la photographie de paysage. Oui, il a parfois quelques limites : manque de micro-contraste (en conditions difficiles), bords un peu mous à pleine ouverture, ouverture insuffisante pour la photo nocturne. Mais pour le prix, c'est bien au-delà d'un compromis, il est littéralement extraordinaire.
Je le recommande sans hésiter pour les photographes de paysage qui cherchent un grand-angle léger, polyvalent et abordable. C'est un super compagnon de randonnée qui ne vous alourdira pas le sac à dos.
Si votre budget le permet et que vous cherchez la performance absolue, le Nikon 14-24mm f/2.8 sera meilleur en tout point (rendu d'image, luminosité, piqué)… mais il coûte plus cher, même si je suis surpris par la chute des prix (entre 900 et 1000€ (probablement dû à l'arrivée des hybrides) et par contre il pèse trois fois plus lourd.
Pour l'acheter
Cet objectif se trouve neuf à moins de 600€, parfois encore moins si vous êtes patient.
Voici quelques liens pour vous aider dans vos recherches :
- Nikon AF-S 18-35mm f/3.5-4.5G ED sur Amazon
- N'oubliez pas d'ajouter un bon filtre UV de 77mm pour protéger votre lentille frontale (je recommande toujours les filtres K&F Concept en verre trempé) et/ou un filtre polarisant pour retirer les reflets dans l'eau, super appréciable si vous voulez faire des poses longues dans les ruisseaux et cascades
- Et si vous ne l'avez pas encore fait, investissez dans un Capture Pro de Peak Design, c'est le combo parfait pour la rando photo !
Foire Aux Questions (FAQ) : Nikkor 18-35mm
Le 16-35mm f/4 VR semble meilleur : optique premium, stabilisation VR, construction plus robuste avec une meilleure tropicalisation. Mais il coûte aussi beaucoup plus cher (autour de 1000€ contre 600€ neuf pour le 18-35mm). Mais si vraiment vous avez les moyens et au regard de la chute des prix je me tournerai vers un Nikkor ED AF-S 14-24 mm f/2.8 (constant).
Ça dépend vraiment de votre style. J'ai longtemps cru qu'il me fallait absolument du 14 mm pour faire de meilleures photographies de paysages. Mais pour avoir eu les deux, je me rends compte que 18 mm est largement suffisant dans 90 % des situations. Le 14 mm est vraiment utile pour la photographie de nuit, ou pour aller chercher des angles originaux en photographie d'architecture. Après, pour moi, 18 mm fait très bien le job, mais j'avoue que le 16 mm de Viltrox me fait de l'œil; on ne se refait pas.
Je dirais « recommandé » plutôt qu'obligatoire. Contrairement à certains objectifs premium qui sortent des images avec du punch direct, le 18-35mm produit des RAW qui demandent parfois un peu de travail, surtout au niveau du micro-contraste (la clarté sur Lightroom). Mais c'est vraiment quelques clics en post-traitement, rien de bien méchant. Si vous shootez en JPEG et ne faites pas de post-traitement, vous pourriez être un peu déçu du rendu.
Oui, c'est d'ailleurs c’est un gros avantage par rapport au Nikon 14-24mm f/2.8 ! Avec son diamètre de filtre standard de 77 mm, vous pouvez utiliser n'importe quel filtre vissant classique (UV, polarisant circulaire, ND) sans avoir besoin d'un système complexe. C'est aussi beaucoup moins cher : comptez entre 30 et 100 € max pour un bon filtre polarisant en 77 mm, contre 200 € minimum pour un système de porte-filtre de base compatible avec le 14-24mm f/2.8 (qui a une lentille frontale bombée). Pour la photo de paysage « experte » avec un kit de filtres dégradés, orientez-vous vers du Cokin, ils sont encore trouvables sur Amazon pour environ 100 €.
Oui, tout à fait ! Sur un boîtier DX comme le D7500 ou D500, vous aurez une équivalence de focale d'environ 27-52,5mm (à cause du facteur de grossisement de 1,5x). Attention vous perdez le grand-angle, mais vous gagnez en polyvalence pour un usage plus « transtandard ». Personnellement, sur un DX, je préférerais partir sur un vrai grand-angle DX type 10-24mm pour conserver cet angle de vue large.